Amès Tholbred — Roi d’Albion
Amès Tholbred a cinquante-huit ans. Roi d’Albion, il est un homme compatissant et bienveillant dont le règne a apporté une certaine prospérité au royaume, sans pour autant bouleverser profondément son fonctionnement.
Originaire du sud de l’île, il doit son ascension à son père, un homme issu de la terre qui monta jusqu’à la capitale et parvint à lui ouvrir les portes de la cour. Amès sut ensuite se faire une place parmi les seigneurs d’Albion, jusqu’à être élu roi à la suite d’un vote de la noblesse.
Durant son règne, il s’est attaché à améliorer le sort des plus modestes. Sans entreprendre de grandes réformes, il a permis aux habitants les plus pauvres de connaître une amélioration de leurs conditions de vie. Il a également mis en valeur les richesses du sud de l’île, une région trop souvent méprisée ou ignorée par les habitants de la capitale.
Avec son épouse, Alcenica, il eut deux enfants. Autrefois tendre, mais exigeant avec eux, Amès se montrait soucieux de leur éducation et de leur avenir. La mort de sa femme changea profondément sa manière d’être. Depuis cette tragédie, il est devenu beaucoup plus doux avec ses enfants, cherchant sans doute à leur épargner une part de la souffrance qu’il a lui-même connue.
La mort d’Alcenica fut une épreuve terrible. Assassinée dans des circonstances atroces, elle laissa derrière elle un roi dévasté, incapable d’accepter que les responsables puissent échapper à leur châtiment.
Amès se lança alors à la poursuite des meurtriers jusqu’au pays de Maho. Avec l’aide secrète de Mudawa, il finit par les retrouver. Ce qui suivit fut une vengeance implacable. Pendant plusieurs jours, les assassins subirent de terribles sévices, à la mesure de ceux qu’ils avaient infligés à son épouse.
Mais cette vengeance ne lui apporta pas la paix.
Brisé autant par la perte d’Alcenica que par les actes qu’il avait lui-même commis, Amès se referma sur lui-même pendant un temps. Il dut affronter non seulement son chagrin, mais aussi le poids de sa propre cruauté. Lorsqu’il finit par sortir de cette période sombre, il n’était plus tout à fait le même homme.
Ceux qui le côtoient voient désormais en lui un souverain calme, fatigué, marqué par une douleur qu’il ne montre que rarement. Sa bienveillance demeure, mais elle cohabite avec une autorité redoutable. Il est toujours capable de diriger d’une main de fer lorsque les circonstances l’exigent, même s’il préfère éviter d’en arriver là.
La mort d’Alcenica a également transformé sa manière de protéger ses enfants. Déterminé à ne plus jamais subir une telle tragédie, il a créé les **Lames blanches**, une garde d’élite dont les méthodes s’apparentent parfois davantage à celles d’assassins qu’à celles de gardes traditionnels.
Il a également pris contact avec le groupe d’assassins dirigé par Javeline, afin de s’assurer que ses enfants bénéficient d’une protection supplémentaire et que personne ne puisse leur faire subir le même sort qu’à leur mère.
Derrière ces décisions se cache un homme qui n’a jamais véritablement surmonté son deuil. Amès aime profondément ses enfants, mais sa peur de les perdre pourrait bien peser sur leur liberté autant que sur leur avenir.
Il demeure un roi juste et bienveillant, mais la mort de celle qu’il aimait lui a appris jusqu’où un homme peut aller lorsque le chagrin se transforme en haine.